CRS, dernier été sur les plages

13 août 2018

A l'entrée du poste de secours, sur la plage d'Houlgate (Calvados), près du casino, sont affichés les horaires des marées, les prévisions météo et les recommandations de sécurité. Ici, le danger vient d'un long banc de sable qui peut se transformer en île à marée montante et piéger les promeneurs distraits.

 

Le 10 juillet, vers 10 h 30, Arnaud Brunet, un CRS maîtrenageur sauveteur (MNS), faisait son jogging en bord de mer, juste avant d'entamer sa journée de travail. Sa présence a permis d'éviter le pire. Trois adultes et un enfant dans une poussette étaient justement menacés par la montée des eaux.

 

Ni une ni deux, l'ange gardien du littoral s'est saisi d'un paddle afin d'aller leur porter secours. «On est toujours en alerte, insiste-t-il. On surveille les vacanciers comme le lait sur le feu.»

 

Mais cet été pourrait marquer la fin d'une tradition née en 1958, lorsque les sauveteurs bretons béné- Des maîtres-nageurs des compagnies républicaines de sécurité (CRS) mercredi à Houlgate, sur la côte normande. Bernard Bisson pour le JDD voles, confrontés à un nombre élevé de noyades, avaient dû appeler l'État à la rescousse.

 

Depuis soixante ans, des policiers formés à la natation sont affectés sur les plages dangereuses ou très fréquentées mais leur nombre ne cesse de baisser.

 

Cette année, on en recense seulement 297, répartis dans 62 communes, du département du Nord jusqu'au Var, contre 720 en 2002. «La déflation est constante», se désole Yves Lefebvre, secrétaire général UNITÉ SGP POLICE en pointe, avec l'Unsa Police, dans la défense de cette mission estivale.

 

Le syndicaliste la juge primordiale : secours aux personnes en difficulté et aussi possibilité d'intervenir pour faire cesser les infractions commises sur le sable et même, qui sait, de riposter en cas d'attaque terroriste.

 

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