On ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne

07 juin 2017

 

Sécurité sur les lieux touristiques: «impossible» de tout sécuriser

 

Un policier a été agressé au marteau ce mardi sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. L’assaillant a été blessé par un tir de riposte. A l’approche des vacances d’été, cette attaque pose la question de la sécurité dans les lieux touristiques.

 

Pour Daniel Chomette, secrétaire général adjoint du syndicat UNITÉ SGP POLICE-FO, «on ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne».  

 

«Il faut savoir qu’à la suite de précédentes attaques, terroristes ou non, sur des zones touristiques, ces zones ont été sécurisées en priorité. Elles le sont. Ce sont des points signalés, des points sensibles de la capitale, sur lesquels les effectifs de police sont très présents. 

 

Il y a aussi des personnels privés, la sécurité de la ville de Paris et des personnels militaires qui patrouillent. Ce sont donc des endroits où se concentrent en nombre des forces de police.

 

A cela s’ajoute la vidéosurveillance qui permet d’avoir une vue en temps réel de ce qu’il se passe autour de ces sites sensibles. Malgré tout, il faut reconnaître que le risque zéro n’existe pas. C’est impossible vu le nombre de sites touristiques majeurs qu’il y a en France. Comme il y a des milliers, des millions de personnes qui viennent les visiter, il est extrêmement difficile de pouvoir assurer une sécurité à 100%. On ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne et des milliers de policiers autour de chaque bâtiment public, de chaque parc, etc. C’est une mission impossible.

 

«On monte en puissance les effectifs de police en fonction de la fréquentation»

 

Néanmoins, chaque événement, et notamment les attentats terroristes, nous amènent à peaufiner le dispositif, à multiplier les patrouilles et les effectifs sur place, à concentrer les forces mobiles de sécurité sur des points fixes afin d’avoir une présence policière et/ou militaire sur ces lieux. Paris demeure un symbole mais des dispositifs particuliers sont aussi mis en place dans les autres grandes villes de France, dans les autres lieux touristiques majeurs où les touristes vont affluer ces prochaines semaines.

 

La vigilance de bâtiments comme la cathédrale Notre-Dame à Paris est proportionnelle à l’affluence touristique. Elle est bien évidemment en permanence surveillée par de la vidéosurveillance ou des patrouilles. Mais on monte en puissance les effectifs de police en fonction de la fréquentation. Lorsqu’un bâtiment n’est pas ouvert au public, il y a moins de risques».

 

«On manque de policiers pour sécuriser un pays comme la France»

 

S’agissant des plages du littoral, il y a une complémentarité entre les mairies avec une sécurisation par la police municipale, par les gendarmeries mais aussi les maîtres-nageurs sauveteurs. En effet, au-delà de leur mission de secours aux nageurs, aux plaisanciers peuvent également intervenir dans une mission de police. Ils sont formés pour: ils sont d’abord policiers avant d’être maîtres-nageurs sauveteurs. 

 

Le problème est qu’avec la réforme générale des politiques publiques on a supprimé quasiment 10.000 postes de policiers. Aujourd’hui, fort heureusement, on remonte en puissance. Mais, manifestement, on manque de policiers pour sécuriser un pays comme la France, surtout en période de menace terroriste avérée».

 

Propos recueillis par Maxime Ricard

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