Policier en Calédonie,«une rupture d’égalité»

02 octobre 2017

Les responsables nationaux du syndicat UNITÉ SGP POLICE sont à Nouméa.

 

Outre la nécessité de faire venir davantage de fonctionnaires, les chantiers sont nombreux.

 

Ils sont restés moins d’une semaine sur le Caillou pour venir rencontrer sénateurs et députés, mais surtout leurs collègues.

 

Daniel Chomette, secrétaire général délégué et Eric Peretti, secrétaire général adjoint du syndicat de police UNITÉ SGP POLICE, majoritaire en Calédonie, ont pu prendre le pouls.

 

Et constater de nombreuses spécificités. Sans surprise, c’est «la jeunesse des délinquants et la violence de certains souvent sous influence d’alcool et de cannabis qui surprennent. Rendant parfois les interventions dangereuses.»

 

Un constat simple. Qui nécessite une réponse. «Nous avons des moyens matériels corrects et nous saluons l’arrivée de nouveaux effectifs, reconnaît d’emblée Daniel Chomette. Mais ce n’est qu’une remise à niveau et il faut faire plus. Pour travailler efficacement, il faudra l’arrivée de nouveaux fonctionnaires.»

 

Les Calédoniens bien seuls…  Une vingtaine au minimum pour une quarantaine espérée. «Cela permettrait de développer la compagnie d’intervention, en charge notamment du maintien de l’ordre et des contrôles routiers, insiste le secrétaire général. Pour lutter contre les cambriolages, rendez-vous compte qu’avec trois fonctionnaires de plus affectés à la brigade anticriminalité, on pourrait créer une patrouille supplémentaire. Autre priorité du syndicat, l’installation d’une brigade cynophile. Un chien peut-être très dissuasif durant les bagarres.»

 

Mais les syndicalistes ne se cantonnent pas à une simple demande d’effectifs supplémentaires. Ils ont constaté des différences de traitement considérables entre policiers calédoniens et leurs collègues de France. Parmi les points les plus troublants, le fait qu’un Calédonien, contrairement à un Réunionnais ou à un Antillais, ne bénéficie pas d’une prime d’installation lorsqu’il arrive en France.

 

Toujours à l’inverse de leurs collègues ultramarins, ils ne disposent pas de congés bonifiés pour rentrer chez eux. «Nous ne sommes pas dans une revendication pure. C’est une rupture d’égalité.»

 

Autre point, le fait qu’un Calédonien qui passe le concours doive ensuite rester huit ans en région parisienne avant de pouvoir rentrer. «Entre la nécessité de prendre de l’expérience en région parisienne et y rester ad vitam aeternam, il y a une différence.»

 

D’autres pistes sont lancées, comme celle de permettre à des Calédoniens de pouvoir partir en Métropole pour une période déterminée à l’avance, ce qui se fait déjà dans le sens inverse, lorsqu’un Métropolitain arrive ici.

 

Mais le fait le plus choquant pour les syndicalistes, qui deviendra une autre priorité, est le cas des adjoints de sécurité. Les seuls à ne pas bénéficier de l’indexation alors «qu’ils sont face au même coût de la vie.» Leur levier pour remédier à ces inégalités ?

 

«Nous sommes entendus au ministère de l’Intérieur et nous avons eu des rencontres avec les députés qui vont prendre les problèmes à bras-le-corps. On a notamment senti une réelle implication du député Gomès qui portera nombre de nos revendications au gouvernement. Nous nous rencontrerons d’ailleurs prochainement pour évoquer l’avancée des dossiers».

RégionsÉchos de la région ANTILLES-GUYANE