Policiers en colère et en deuil

27 avril 2017

Des policiers « en colère » et « en deuil » interpellent Emmanuel Macron et Marine Le Pen

 

REPORTAGE : Six jours après la mort de Xavier Jugelé, plusieurs centaines de policiers ont marché entre Montparnasse et les Champs-Elysées pour demander « plus de moyens » et de « considération »…

 

« Nous allons démarrer cette marche de la colère policière par un long moment de recueillement pour notre camarade et pour tous ceux qui sont tombés sous les balles des terroristes depuis Charlie », déclare au micro, Yves Lefebvre, le secrétaire général d’UNITÉ-SGP POLICE FO.

 

Ce mercredi, plusieurs centaines de policiers ont crié leur mécontentement de Montparnasse au 102 des Champs-Elysées, l’endroit où Xavier Jugelé, l’un des leurs, a été assassiné il y a six jours, de deux balles dans la tête.

 

Derrière une banderole « policiers en deuil » et aux cris de « policiers attaqués, société en danger », « rythme infernal, besoin d’une vie sociale » ou encore « reconnaissance pour la police en France », ces agents venus de toute la France se sont réunis pour demander « plus de moyens », « de protection » et de « considération ». Une marche « apolitique » qui « devra être écoutée par celui ou celle qui remplacera François Hollande à L’Elysée », selon Yves Lefebvre. Et organisée bien avant les récents événements.

 

« Aujourd’hui, la police est fatiguée, surmenée »

 

« Cette manifestation a été pensée il y a deux mois pour interpeller les deux derniers candidats à l’élection présidentielle avec cette question : quelle police pour demain ? Quel avenir de la sécurité en France ? », explique Daniel Chomette, secrétaire général délégué du syndicat UNITÉ-SGP POLICE FO. « Aujourd’hui, la police est fatiguée, surmenée. Ça ne peut pas durer. Depuis le début de l’année, quatorze policiers ont mis fin à leur jour », rappelle-t-il. Dans le cortège, Guy, 44 ans, n’hésite pas à rappeler ce mal-être au sein de la police.

 

« Nous sommes la cible des terroristes et défiés par une partie de la population. Aujourd’hui, on a plus que jamais besoin de respect de l’administration et de la France », explique ce policier venu de Nancy. « A côté de ça, nos conditions de travail se dégradent. Alors, comment assurer la sécurité des Français quand il est impossible d’assurer la nôtre », demande-t-il, en marchant aux côtés de ses collègues. Parmi leurs mesures réclamées figurent notamment l’augmentation nette de 150 euros par mois du salaire des gardiens de la paix et la possibilité de « passer à un rythme de travail qui leur permet d’avoir un week-end sur deux, contre un sur six actuellement ». Et évidemment, dans les rangs, tous ont une pensée pour Xavier Jugelé.

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