Renvoi du procès du policier qui avait frappé un lycéen à Paris

12 mai 2016

Le policier poursuivi pour avoir frappé un lycéen à Paris le 24 mars, scène dont la vidéo a été largement diffusée, ne sera finalement jugé que le 21 novembre, comme le souhaitait l'avocat du garçon de 15 ans, a décidé jeudi le tribunal.

 

La présidente du tribunal correctionnel a estimé qu'en raison de la "complexité" de cette affaire, qui a eu un très grand retentissement médiatique, il était préférable que le policier soit jugé par une formation collégiale (un juge, deux assesseurs) et non par elle seule, comme c'était prévu.

 

Elle a convoqué une autre audience intermédiaire, le 26 mai, pour étudier la demande d'une nouvelle expertise médicale faite par la famille d'"Adam,", nom par lequel ses parents souhaitent qu'il soit désigné dans les médias.

 

L'avocat du jeune garçon, qui s'est présenté à l'audience vêtu d'un costume sombre et d'une impeccable chemise blanche, encadré par ses parents, s'est dit "ravi" de voir ses demandes suivies.

 

Il souhaite désormais étendre l'affaire à tous les incidents constatés le 24 mars aux abords du lycée Bergson, dans le XIXe arrondissement de Paris, en marge d'une manifestation contre la loi travail, sur le point d'être adoptée sans vote après le recours mardi au 49-3 du gouvernement.

 

Le renvoi du procès a été annoncé quelques heures avant le vote de la motion de censure déposée par la droite contre le gouvernement en réponse au 49-3.

 

Me Arié Alimi entend faire du procès une tribune pour dénoncer les "rapports pathologiques" selon lui entre les policiers et la jeunesse.

 

L'avocat du policier, qui lui aussi a comparu en costume sombre, a pour sa part obtenu qu'il puisse à nouveau exercer, ce qui lui était interdit depuis le 2 avril, mais à condition de ne pas aller sur la voie publique.

 

Luc Poignant, du syndicat de policiers UNITÉ SGP POLICE-FO, a évoqué en sortant du tribunal un collègue jusque-là "irréprochable".

 

Il a aussi pris la défense, en général, de policiers selon lui "fatigués" et "tendus", subissant une "déferlante de violence inouïe" depuis quelques semaines. 

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