Salles de prière dans les commissariats : le faux tract qui scandalise

26 octobre 2017

L'affaire fait grand bruit dans les rangs des syndicats de police.

 

Un tract appelant à «l'aménagement de salles de prière dans les services de police pour les fonctionnaires de confession musulmane», signé du syndicat des gardiens de la paix, UNITÉ SGP POLICE, a été diffusé au début du mois d'octobre au sein de la cafétéria de la préfecture de police (PP) à Paris ainsi que dans le département de Seine-Saint-Denis.

 

Or le syndicat dénonce un faux.

 

Ce tract, que Le Point a pu consulter, intitulé «Pour des salles de prière dans les locaux de police !», s'adresse aux «collègues de confession musulmane, de plus en plus nombreux» parmi les adhérents du syndicat UNITÉ SGP POLICE.

 

L'auteur de cet appel, qui avance que «35 % des adhérents» de ce même syndicat sont musulmans, demande «à l'administration l'aménagement de salles de prière dans les services», et souligne qu'il compte «défendre âprement ce projet qui lui tient à cœur».

 

En conclusion de cette, pour le moins, surprenante revendication figurent le nom et le numéro de téléphone d'un des délégués du UNITÉ SGP POLICE, en poste à Paris. L'annonce d'un tel «projet» n'a pas manqué de faire réagir nombre de policiers parisiens.

 

Mais, après vérifications, ce tract s'est avéré être tout simplement un faux.

 

Contacté par Le Point, Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat UNITÉ SGP POLICE a indiqué avoir saisi l'inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, après la découverte de «cette manipulation».

 

«Nous avons déposé une plainte contre X pour usurpation de logo et atteinte à l'image, précise Yves Lefebvre. On ne peut pas laisser passer une chose pareille. Le ou les auteurs de cette supercherie sont quand même allés très loin pour tenter de nous nuire.»

 

Le secrétaire général de UNITÉ SGP POLICE a également demandé à ce que les enregistrements des caméras de vidéosurveillance disposées autour de la préfecture de police soient exploités afin que le ou les auteurs du dépôt de ce tract à l'entrée de la cafétéria de la PP puissent être identifiés.

 

Le syndicaliste, dont l'identité – bien réelle – a été livrée dans le corps de ce faux tract, a aussi déposé une plainte. «J'ai saisi l'IGPN pour usurpation d'identité, confie ce dernier. Diffuser un tel tract en faisant croire que notre organisation syndicale en est à l'origine est une chose très grave. Cela s'apparente à une opération de déstabilisation. Et les moyens employés pour y parvenir sont diffamatoires, mensongers et abusifs.»

 

Source : Le point du 25/10/2017

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