Un "grand chantier sur la reconnaissance sociale"

25 septembre 2018

Suicides dans la police : UNITÉ SGP POLICE-FO demande l'ouverture d'un "grand chantier sur la reconnaissance sociale"

 

"Nous demandons l’ouverture d’un grand chantier sur la reconnaissance sociale du policier francilien", déclare Rocco Contento, mardi 25 septembre 2018. Le secrétaire départemental d’UNITÉ SGP POLICE-FO pour Paris s’exprimait lors d’un événement organisé par le syndicat devant le Conseil d’État pour dénoncer les suicides dans la police. Pour Rocco Contento, "tous les sujets doivent être abordés", notamment les cycles horaires, la politique du logement, la reconnaissance du statut de travailleur de nuit ou encore le retour de l’avantage d’ancienneté pour tous les fonctionnaires d’Île-de-France.

 

Le secrétaire d’UNITÉ SGP POLICE-FO, Yves Lefebvre, demande l’ouverture d’un "grand chantier social du policier" en Île-de-France, mardi 25 septembre 2018, lors d’un événement organisé par le syndicat place du Palais-Royal, à Paris. Environ 200 policiers étaient rassemblés afin d’assister à une mise en scène de dix fonctionnaires masqués qui dénonçaient les suicides de gardiens de la paix. "Le management n’est jamais remis en cause, on ne dit jamais qu’il faut avoir une vraie politique du logement", déplore-t-il notamment. Et d’en appeler à la solidarité des "secrétaires généraux des autres syndicats de gardiens de la paix" par rapport "aux obligations que devraient avoir les commissaires et les officiers".

 

Également présent à l’événement, Rocco Contento, secrétaire départemental

d’UNITÉ SGP POLICE-FO pour Paris, estime qu’il est "nécessaire d’aplanir l’organisation de notre institution, de revoir totalement le management et de mettre fin à certaines pratiques managériales inappropriées qui aggravent la situation des gardiens de la paix". "En 2017, 51 policiers ont mis fin à leur jour", rappelle-t-il (lire sur AEF info). C’était une année noire pour la police nationale, et l’année 2018 s’annonce tout aussi catastrophique."

 

UN PHÉNOMÈNE QUI PREND SES RACINES AU TRAVAIL

 

Selon Rocco Contento, "les causes de ce phénomène multifactoriel ne peuvent être nécessairement associées au travail". "Mais il prend ses racines dans notre environnement professionnel", ajoute-t-il. L’augmentation des fonds destinés à la détection de risques psychosociaux et le recrutement de psychologues sont "des mesures purement technocratiques qui ne suffiront pas à endiguer le mal-être profond de notre institution", précise-t-il, faisant référence au programme de mobilisation présenté par Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, en mai 2018 (lire sur AEF info).

 

"Il faut mettre un terme à cette stupide politique du chiffre", poursuit le secrétaire départemental d’UNITÉ SGP POLICE-FO. Selon lui, les décisions prises par l’administration sont "inadaptées". "La structure et le management de l’organisation policière contribuent à créer un climat de stress et de mal-être", ajoute-t-il. "Il faut refonder une chaîne de commandement trop souvent inhumaine au sein de notre administration. Et de dénoncer "une violence quotidienne grandissante envers les forces de l’ordre, un risque terroriste toujours important et une politique de rendement qui consiste à privilégier la quantité du travail fourni plutôt que la qualité."

 

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